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	<title>Simon Garcia &#187; Simon Garcia</title>
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		<title>Sites de Réseaux Sociaux</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 17:11:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Garcia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Amitiés virtuelles et nouveau narcissisme
articles de Christine Rosen
publication : http://www.nonfiction.fr/article-360-amitie_virtuel_et_nouveau_narcissisme__1.htm
Indecent Exposure
Le monde des réseaux sociaux en ligne est presque homogène en un autre sens, tout divers qu’il puisse d’abord apparaître : ses usagers s’engagent à l’exhibition. La création et la consommation ostentatoires d’images et de détails intimes de sa propre vie ou de celle des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Amitiés virtuelles et nouveau narcissisme</h4>
<p><em>articles de Christine Rosen<br />
publication : <a href="http://www.nonfiction.fr/article-360-amitie_virtuel_et_nouveau_narcissisme__1.htm" target="_blank">http://www.nonfiction.fr/article-360-amitie_virtuel_et_nouveau_narcissisme__1.htm</a></em></p>
<h4>Indecent Exposure</h4>
<p>Le monde des réseaux sociaux en ligne est presque homogène en un autre sens, tout divers qu’il puisse d’abord apparaître : ses usagers s’engagent à l’exhibition. La création et la consommation ostentatoires d’images et de détails intimes de sa propre vie ou de celle des autres est la principale activité. Il n’y a pas de place pour la réticence : il n’y a que la révélation. Examinez rapidement un profil et vous en saurez plus en un instant sur une potentielle connaissance que vous n’en auriez appris en un mois sur un ami en chair et en os. Comme le racontait récemment un étudiant dans le the New York Times Magazine : &laquo;&nbsp;Tu peux tomber sur des gens à une fête, et regarder ensuite sur Facebook quels sont leurs intérêts, est-ce qu’ils sont religieux intégristes et quelle est leur citation biblique préférée… Tout le monde se donne beaucoup de mal à se décrire, c’est comme une incarnation de ta personnalité&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il semblerait qu’en plongeant tête la première dans les sites communautaires, beaucoup d’entre nous aient renoncé à l’un des charmes supposés d’Internet : l’anonymat. Comme le note Michael Kinsley dans Slate, afin de &laquo;&nbsp;reprendre leurs droits d’individus uniques&nbsp;&raquo;, les utilisateurs énumèrent leurs informations personnelles: &laquo;&nbsp;voici une liste de mes amis, voici tous les CDs de ma collection, une photo de mon chien…&nbsp;&raquo;. Kinsley ne s’étonne pas : il juge ces sites comme de  &laquo;&nbsp;vastes célébrations du solipsisme&nbsp;&raquo;. Les membres des réseaux, notamment les jeunes, sont souvent naïfs ou mal informés sur la somme d’information qu’ils rendent publiques. &laquo;&nbsp;On ne peut que s’émerveiller de la quantité, de la précision, et de la nature des informations personnelles que certains utilisateurs fournissent, et réfléchir à la qualité de renseignement que peut atteindre cet échange d’informations&nbsp;&raquo;, écrivaient en 2006 les chercheurs Alessandro Acquisti et Ralph Gross. Dans une enquête sur les utilisateurs de Facebook dans leur université, ils &laquo;&nbsp;ne détectèrent que peu ou pas du tout de relation entre les exigences déclarées et les comportements probables de protection de la vie privée des participants&nbsp;&raquo; concernant la mise en ligne d’informations personnelles. Même parmi les étudiants qui dans l’enquête déclaraient être les plus inquiets du caractère privé de leur vie –ceux qui s’alarmaient du &laquo;&nbsp;scénario selon lequel un étranger puisse connaître leur emploi du temps et savoir où ils habitent&nbsp;&raquo; &#8211; environ 40% publient leur emploi du temps sur Facebook, 22% leur adresse et près de 16% les deux.</p>
<p>Cette sorte d’insouciance a nourri de nombreuses histoires à sensations. Pour n’en citer qu’une : en 2006, l’émission Dateline sur NBC montrait un officier de police se faisant passer pour un jeune de 19 ans nouveau en ville. Sans s’être intégré à une quelconque communauté locale, l’imposteur collecta rapidement une centaine d’amis sur MySpace et commença à correspondre avec quelques adolescentes. Quelle ne fut pas la surprise des jeunes filles, qui déclaraient être prudentes quant aux informations qu’elles publiaient, lorsque Dateline  leur révéla que leur nouvel ami était en fait un homme adulte qui avait trouvé leur nom et leur adresse! Le danger posé par des inconnus utilisant les réseaux sociaux pour s’attaquer aux enfants est réel : il y a eu plusieurs cas de la sorte. Ce danger fut souligné en juillet 2007 quand MySpace expulsa de son système 29,000 délinquants sexuels qui avaient ouvert leur compte sous une fausse identité.</p>
<p>Il y a aussi des risques professionnels à mettre trop d’information sur ces sites, de même que depuis quelques années des carrières ont souffert à cause de pages persos ou de blogs. Une enquête conduite en 2006 par des chercheurs de Dayton montre que &laquo;&nbsp;40% des employeurs considèrent le profil Facebook d’un employé potentiel comme un élément de décision d’emploi, et plusieurs déclarent avoir refusé des demandes après avoir consulté Facebook&nbsp;&raquo;. Pourtant, les réactions des étudiants suggèrent une autre compréhension de la vie privée : &laquo;&nbsp;42% considèrent que l’examen de leur profil est une violation de la part de l’employeur, et 64% trouvent que les employeurs ne devraient pas utiliser les profils Facebook pour recruter&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ceci est une conception étrangement victorienne de la vie privée, l’idée selon laquelle les individus pourraient compartimenter et parcelliser leur personnalité avec différents réglages. Cela semble signifier que même des comportements discutables ou hypocrites (le patriarche victorien qui s’acoquine avec des prostituées, par exemple, ou le major sérieux d’école de commerce qui poste une photo de lui buvant de la bière à l’entonnoir sur MySpace) devraient être tolérés si relevant de sphères différentes et clairement distinguées. Mais lorsque le côté obscur de quelqu’un prend la parole dans le virtuel, l’intimité est menacée et une vraie compartimentation presque impossible ; sur Internet, les écarts privés deviennent des scandales publics.</p>
<p>Très souvent, les mœurs et manières qui se sont déjà développés dans le monde des réseaux sociaux en ligne indiquent que ces sites encouragent des rassemblements de ce que le psychiatre Robert Jay Lifton appelait des &laquo;&nbsp;soi protéiformes&nbsp;&raquo;. Ainsi nommés d’après Protéus, le dieu grec des mers aux formes multiples, le soi protéiforme évince &laquo;&nbsp;la dérision et l’auto-dérision, l’ironie, l’absurde, et l’humour&nbsp;&raquo;. En effet, l’enquête de l’université de Dayton montra que &laquo;&nbsp;23% des étudiants disent qu’ils déforment intentionnellement leur image sur Facebook pour être drôle ou faire une blague&nbsp;&raquo;. Lifton ajoute aussi que &laquo;&nbsp;les émotions du soi protéiforme tendent à flotter librement, sans être clairement attachées à une cause ou une cible&nbsp;&raquo;. Il en est de même des communautés protéiformes : &laquo;&nbsp;non seulement les émotions des individus mais aussi les communautés peuvent flotter librement&nbsp;&raquo;, écrit Lifton, &laquo;&nbsp;déracinées géographiquement et plébiscitées temporairement comme une sélection possible, sans promesse de permanence&nbsp;&raquo;. C’est précisément l’attrait des réseaux sociaux en ligne. Ces sites rendent plus faciles certaines relations, mais parce qu’elles sont gouvernées non par des mœurs locales ou communautaires mais par des caprices personnels, ils libèrent les utilisateurs de la responsabilité qui accompagne habituellement l’adhésion à une communauté. Ceci change fondamentalement la teneur des relations qui se forment, un phénomène qui s’observe au mieux dans la façon dont les réseaux sociaux traitent l’amitié.</p>
<h4>The New Taxonomy of Friendship<br />
La nouvelle taxinomie de l’amitié</h4>
<p>Il est un proverbe espagnol qui met en garde: &laquo;&nbsp;une vie sans ami est une mort sans témoin&nbsp;&raquo;. Dans le monde des réseaux en ligne, l’avertissement pourrait être plus simple : &laquo;&nbsp;une vie sans des centaines d’amis en ligne est une mort virtuelle&nbsp;&raquo;. Sur ces sites, l’amitié est la raison d’être officielle. A place for friends (un endroit pour les amis), tel est le slogan de MySpace. Facebook est une &laquo;&nbsp;commodité sociale qui connectent les gens à leurs amis&nbsp;&raquo;. Orkut se décrit comme &laquo;&nbsp;une communauté en ligne qui connecte les gens à travers un réseau d’amis fiables&nbsp;&raquo;. Le nom de Friendster parle de lui-même.<br />
Mais &laquo;&nbsp;l’amitié&nbsp;&raquo; dans ces espaces virtuels est profondément différente de l’amitié du monde réel. Traditionnellement, l’amitié est une relation qui, en gros, implique le partage d’intérêts communs, la réciprocité, la confiance, et la révélation de secrets sur le long terme et dans un contexte social (et culturel) spécifique. Parce que l’amitié repose sur des révélations mutuelles inconnues du reste du monde, elle ne peut naître que dans l’intimité ; l’idée d’une amitié publique est un oxymore.</p>
<p>Le lien hypertexte affichant &laquo;&nbsp;amitié&nbsp;&raquo; sur les sites communautaires lui donne un autre sens: publique, fluide, dissolue, mais étrangement bureaucratisée. L’amitié sur ces sites consiste surtout à accumuler, gérer et classer ses connaissances. Tout sur MySpace par exemple vous encourage à rassembler autant d’amis que possible – à collectionner les amitiés comme on collectionne les timbres. Si vous avez le malheur de n’avoir qu’un ami sur MySpace par exemple, on lit sur votre page : &laquo;&nbsp;vous avez 1 amis&nbsp;&raquo;, s’ensuit une colonne tristement vide où devraient apparaître des douzaines de photos de contacts.</p>
<p>Ceci fait le jeu d’une quête frénétique d’amis. Comme le confesse le jeune utilisateur aux 800 amis de Facebook à John Cassidy dans The New Yorker : &laquo;&nbsp;je ressens toujours un esprit de compétition lorsque je veux augmenter mon chiffre&nbsp;&raquo;. Un doyen associé à l’université de Purdue se vantait récemment auprès de Christian Science Monitor que depuis l’ouverture de son compte Facebook, il avait collecté plus de 700 amis. La phrase récurrente sur MySpace est &laquo;&nbsp;Merci pour l’ajout ! &nbsp;&raquo; &#8211; expression de la reconnaissance d’un membre à un autre qui l’a ajouté à sa liste d’amis. Il y a même des services comme FriendFlood.com qui sont comme des maquereaux du réseau social : contre rémunération, ils déposeront sur votre profil des messages sous l’identité d’une séduisante personne se conduisant comme votre &laquo;&nbsp;ami&nbsp;&raquo;. Comme le dit en février 2007 au New York Times le fondateur de l’un de ces services, l’idée est de &laquo;&nbsp;transformer les cyberminables en aimants sociaux&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La structure des sites des réseaux sociaux encourage aussi à la bureaucratisation de l’amitié. Chaque site a sa propre terminologie, mais parmi les mots que les utilisateurs emploient le plus souvent se trouve &laquo;&nbsp;gérer&nbsp;&raquo;. L’enquête de Pew mentionnée plus haut rapporte que &laquo;&nbsp;les adolescents trouvent que les sites de réseaux sociaux les aident à gérer leurs amitiés&nbsp;&raquo;. Un management à la Orwell pourrait-on dire : &laquo;&nbsp;Changer mes meilleurs amis&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;voir tous mes amis&nbsp;&raquo; et, pour les temps où nos Staline intérieurs ressentiront le besoin d’une purge virtuelle, &laquo;&nbsp;Modifier mes amis&nbsp;&raquo;. En quelques clics on peut faire monter ou descendre (ou éliminer) une relation. Evidemment, nous hiérarchisons tous nos amis, tacitement et intuitivement. L’un peut être un bon compagnon pour aller au cinéma, l’autre un collègue avec lequel on sympathise au bureau ; un autre encore l’être pour lequel vous lâcheriez tout s’il avait besoin d’aide. Mais sur ces sites le classement est public. Et non seulement est-il possible d’afficher ses propres préférences, mais aussi d’aller voir celles des autres. Nous pouvons tout savoir des amis de nos amis – souvent sans même les rencontrer en personne.</p>
<h4>Status-Seekers<br />
A la recherche d’un statut</h4>
<p>Bien sûr, il serait idiot de signifier que les gens ne savent pas faire la différence entre les amis de leurs réseaux virtuels et les amis qu’ils fréquentent physiquement. L’emploi du mot &laquo;&nbsp;ami&nbsp;&raquo; sur ces sites est détourné, et il est probable que personne ne confonde ses centaines d’amis sur MySpace ou Facebook avec de vraies relations. L’impulsion de collection n’est pas l’expression du besoin humain de compagnie, mais d’un autre besoin non moins profond et pressant : le besoin de statut. A la différence des portraits peints que les membres de la classe moyenne d’autrefois chargeaient de signifier leur position d’élite lorsqu’ils grimpaient les échelons, les sites de réseaux nous permettent de créer du statut – et non seulement de le commémorer une fois acquis. C’est pourquoi la plupart des profils de stars sur MySpace sont faux, souvent créés par des fans : les célébrités n’ont pas besoin de légions d’amis pour prouver leur importance. C’est le reste de la population, en quête d’une célébrité paroissiale, qui en a besoin.</p>
<p>Mais la quête de statut a un incontournable partenaire: l’angoisse. Là où le portrait, une fois fini et encadré, restait accroché sagement au mur pour signaler ce statut, l’entretien de ce dernier sur MySpace ou Facebook demande une vigilance permanente. Comme l’écrivait un jeune de 24 ans dans le New York Times : &laquo;&nbsp;je suis obsédé par les témoignages et j’en réclame constamment. C’est la monnaie sociale ultime : les déclarations publiques d’une relation intime… Chaque profil est une campagne média soigneusement montée&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Les sites eux-mêmes ont été pensés pour ça. Décrivant le travail de B.J. Fogg de l’université de Stanford, qui étudie les &laquo;&nbsp;stratégies de persuasion&nbsp;&raquo; utilisées par les sites sociaux pour encourager la participation, The New Scientist explique : &laquo;&nbsp;le secret est de lier l’acquisition d’amis, de compliments et de statut – des gâteries pour lesquelles les humains travaillent dur- aux activités qui mettent en valeur le site&nbsp;&raquo;. Comme le racontait Fogg au magazine, &laquo;&nbsp;vous offrez aux gens un contexte où acquérir un statut, et ils vont travailler pour ce statut&nbsp;&raquo;. Le théoricien des réseaux Albert-László Barabási note que les connections en ligne suivent la règle de &laquo;&nbsp;l’attachement préférentiel&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire que &laquo;&nbsp;si l’on prend deux pages, dont l’une a deux fois plus de liens que l’autre, à peu près deux fois plus de gens choisiront de se relier à la page la plus connectée&nbsp;&raquo;. Résultat, &laquo;&nbsp;alors que nos choix individuels sont très imprévisibles, en tant que groupe nous suivons des figures strictes&nbsp;&raquo;. En poursuivant comme des lemmings le statut en ligne via la collection de centaines d’ &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo;, nous respectons clairement cette règle.</p>
<p>Que signifie finalement cette poursuite de statut en ligne pour la communauté et l’amitié ? En écrivant dans les années 1980 les Habitudes du cœur, le sociologiste Robert Bellah et ses collègues montrèrent le passage des communautés traditionnelles, localement tricotées, à des &laquo;&nbsp;enclaves de style de vie&nbsp;&raquo; largement définies par &laquo;&nbsp;les loisirs et la consommation&nbsp;&raquo;. Peut-être aujourd’hui avons-nous migrés au-delà même de ces enclaves de style de vie vers des &laquo;&nbsp;enclaves de personnalité&nbsp;&raquo; &#8211; des places virtuelles isolées au sein desquelles nous pouvons devenir des personnages différents (et parfois contradictoires), avec des groupes différents d’amis alter-ego quoique intermittents.</p>
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		<pubDate>Tue, 10 Mar 2009 15:17:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Garcia</dc:creator>
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<p>Bienvenue sur Simon-Garcia.com. Un site Dynamique.</p>
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