l’Hypnose

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l’Hypnose2018-03-24T15:01:04+00:00

DÉFINITIONS DE L’HYPNOSE

Le terme « hypnose » désigne à la fois un état particulier de conscience et l’ensemble des techniques utilisées pour parvenir à cet état de conscience. Afin de ne pas confondre les deux désignations, il est de coutume de laisser le terme en minuscule pour parler de l’état de conscience (« hypnose ») et de mettre une majuscule au mot lorsqu’on parle de la technique (« Hypnose »).

Vous trouverez ci-dessous notre définition de ce qu’est l’hypnose, plus quelques autres versions d’origines différentes, ainsi que la classification des 4 formes d’Hypnose les plus connues : l’Hypnose Classique (ou « traditionnelle »), l’Hypnose Ericksonienne, la Nouvelle Hypnose et l’Hypnose Humaniste.

« L’hypnose, c’est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne » – Erickson

Définitions de l’hypnose (en tant qu’état)

Ce qu’en dit le dictionnaire Larousse (2000) 1- État de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion. 2- Ensemble des techniques permettant de provoquer un état d’hypnose, utilisées notamment au cours de certaines psychothérapies.

Pour Milton Erickson (1980) Un état de conscience dans lequel vous présentez à votre sujet une communication, avec une compréhension et des idées, pour lui permettre d’utiliser cette compréhension et ces idées à l’intérieur de son propre répertoire d’apprentissages.

Pour Daniel Araoz (1982) Un état dans lequel les facettes mentales critiques sont temporairement suspendues, et où la personne utilise principalement l’imagination ou les processus de pensées primaires. Le niveau d’hypnose, sa « profondeur », dépend du degré d’implication imaginaire.

Pour André Weitzenhoffer (1988) Précisons que les états de transe seraient un sous-groupe des EMC ; les états hypnotiques étant eux-mêmes un sous-groupe des états de transe. [NDLR : on peut donc être « en EMC » sans forcément être « en transe », comme on peut être « en transe » sans être forcément en état d’hypnose].

Pour Jean Godin (1991) C’est un mode de fonctionnement psychologique dans lequel un sujet, grâce à l’intervention d’une autre personne, parvient à faire abstraction de la réalité environnante, tout en restant en relation avec l’accompagnateur. Ce  » débranchement de la réaction d’orientation à la réalité extérieure », qui suppose un certain lâcher-prise, équivaut à une façon originale de fonctionner à laquelle on se réfère comme à un état. Ce mode de fonctionnement particulier fait apparaître des possibilités nouvelles : par exemple des possibilités supplémentaires d’action de l’esprit sur le corps, ou de travail psychologique à un niveau inconscient.

Pour Léon Chertok (1979) L’état hypnotique apparaît donc comme un état de conscience modifié, à la faveur duquel l’opérateur peut provoquer des distorsions au niveau de la volition, de la mémoire et des perceptions sensorielles en l’occurrence dans le traitement des informations algogènes (de la douleur).

Pour Michel Kérouac (1996) Un état et/ou un processus de conscience modifiée, produit par une induction directe, indirecte ou contextuelle, ressemblant parfois au sommeil, mais physiologiquement distinct, caractérisé par une élévation de la suggestibilité et qui produit à son tour certains phénomènes sensoriels et perceptuels. Cet état, que certains auteurs appellent « la transe », est un état naturel que l’on peut vivre tous les jours : lorsqu’on rêve éveillé, lorsqu’on regarde un feu attentivement, lorsqu’on perd temporairement la notion du temps au volant d’une voiture ou, tout simplement, lorsqu’on est « dans la lune ».

Pour Olivier Lockert (2001) : c’est un « État Modifié de Conscience », un état de conscience naturel différent de la veille et du sommeil, connu depuis que l’être humain existe. La « conscience » dont on parle est simplement notre esprit conscient : la perception ordinaire que nous avons du monde, avec nos 5 sens. Les techniques utilisées pour modifier l’état de conscience habituel d’une personne (vers moins ou davantage de conscience) sont multiples et choisies en fonction de l’objectif global à atteindre.

La British Medical Association (1955) Un état passager d’attention modifiée chez le sujet, état qui peut être produit par une autre personne et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément, ou en réponse à des stimuli verbaux ou autres. Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l’apparition chez le sujet de réponses et d’idées qui ne lui sont pas familières dans son état d’esprit habituel. En outre, des phénomènes comme l’anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vasomotrices, peuvent être dans l’état hypnotique produits et supprimés.

L’Encyclopédie médicale de Russie (1982) État artificiel particulier de l’homme, produit par la suggestion, qui se distingue par une sélectivité particulière des réactions et se manifeste par une augmentation de la réceptivité à l’action psychologique de l’hypnotiseur et la diminution de la sensibilité aux autres influences.

L’Encyclopaedia Britannica (1999, Erickson en avait fait la première définition) Un état psychologique spécial avec certains attributs physiologiques, ressemblant superficiellement au sommeil et indiqué par un fonctionnement de l’individu à un niveau de conscience autre que l’état conscient ordinaire. Cet état se caractérise par un degré de réceptivité et de réponse accrus dans lequel il est donné autant de signification aux perceptions empiriques intérieures qu’il en est généralement donné à la seule réalité externe.

Ce qu’en disent Laurence et Perry (1988) L’hypnose, comme Bernheim l’a dit, n’existe pas [NDLR : ?? voyez la définition de Bernheim ci-dessous]. Ce qui existe, c’est l’interaction entre un contexte donné et l’aptitude du sujet à ce contexte.

Enfin, ce qu’en dit Bernheim (1886) : « La seule chose certaine, c’est qu’il existe chez les sujets hypnotisés ou impressionnables à la suggestion une aptitude particulière à transformer l’idée reçue en acte.
A l’état normal, toute idée formulée est discutée par le cerveau qui ne l’accepte que sous bénéfice d’inventaire; perçue par les centres corticaux, l’impression se propage, pour ainsi dire, aux cellules des circonvolutions voisines; leur activité propre est mise en jeu; les diverses facultés dévolues à la substance grise de l’encéphale interviennent; l’impression est élaborée, contrôlée, analysée par un travail cérébral complexe qui aboutit à son acceptation ou à sa neutralisation; l’organe psychique oppose, s’il y a lieu, son veto a l’injonction.
Chez l’hypnotisé, au contraire, la transformation de l’idée en acte, sensation, mouvement ou image, se fait si vite, si activement, que le contrôle intellectuel n’a pas le temps de se produire; quand l’organe psychique intervient, c’est un fait accompli qu’il enregistre souvent avec surprise, qu’il confirme par cela même qu’il en constate la réalité, et son intervention ne peut plus l’empêcher. Si je dis à l’hypnotisé : « Votre main reste fermée », le cerveau réalise l’idée, dès que formulée. Du centre cortical ou cette idée introduite par le nerf auditif est perçue, un réflexe se produit immédiatement vers le centre moteur correspondant aux origines centrales des nerfs fléchisseurs de la main; la flexion en contracture est réalisée.
Il y a donc exaltation de l’excitabilité réflexe idéomotrice qui fait la transformation inconsciente, à l’insu de la volonté, de l’idée en mouvement.
Il en est de même si je dis à l’hypnotisé :  » Vous sentez un chatouillement dans le nez.  » L’idée introduite par l’ouïe est réfléchie sur le centre de sensibilité olfactive où elle réveille I’image sensitive mémorielle du picotement nasal, telle que les impressions antérieures l’ont créée et laissée comme empreinte latente; cette sensation mémorielle ainsi revivifiée peut être assez intense pour déterminer l’acte réflexe de l’éternuement. Il y a donc aussi exaltation de l’excitabilité réflexe idéosensitive ou idéosensorielle, qui fait la transformation inconsciente de l’idée en sensation ou image sensitive. Les images visuelles, acoustiques, gustatives, succèdent de même à l’idée suggérée.
Le mécanisme de la suggestion, en général, peut donc se résumer dans la formule suivante : accroissement de l’excitabilité réflexe idéomotrice, idéosensitive, idéosensorielle.«

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Vous retiendrez de la définition d’André Weitzenhoffer que l’hypnose fait partie des états de transe, qui font eux-mêmes partie des états modifiés de conscience. Donc, il y a de multiples façons de vivre un état « modifié » de conscience ! Et il n’y a pas de technique unique, particulière : on est en transe hypnotique légère au cinéma, en lisant un bon livre, lorsqu’on est amoureux, tout autant que pendant une cérémonie vaudou, une techno-party… ou tout tranquillement, en faisant de la « sophrologie » ou de la « méditation ».

L’application pratique qui en découle est que vous pourrez aider une personne à découvrir un EMC de deux manières principales :

1– Par focalisation et hypoactivité du corps et/ou de l’esprit (monoidéïsme, isolation psychosensorielle / dissociation conscient-inconscient). On parle de diminution du registre cognitivo-sensoriel. C’est l’Hypnose habituelle, depuis son origine.

2– Par ouverture et hyperactivité du corps et/ou de l’esprit (rayonnement, saturation physico-psychique / association conscient-inconscient). On parle d’augmentation du registre cognitivo-sensoriel. C’est l’Hypnose Humaniste.

Ensuite, il faudra accentuer cette « transe légère ordinaire » pour en faire une véritable transe hypnotique.

Il apparaît donc deux « familles » : trois des quatre formes d’hypnose agissent par focalisation et dissociation d’esprit, en accentuant la cassure naturelle entre le conscient (notre perception habituelle) et l’Inconscient (notre esprit profond), et une seule forme agit par ouverture et effet d’association d’esprit (connexion), l’Hypnose Humaniste, en faisant en sorte de réunifier la personne en elle-même.

Dans tous les cas, à partir du moment où la personne n’est plus dans son état ordinaire de conscience, elle est « en EMC », donc en état d’hypnose pour ce qui concerne nos techniques.

QUATRE FORMES D’HYPNOSE

Toutes les techniques d’Hypnose visent à produire un état modifié de conscience chez la personne, les différences sont dans les manières d’arriver à ce but , dans l’esprit avec lequel est faite l’intervention hypnotique et dans l’objectif global visé de cette intervention.

Bien que l’utilisation des états modifiés de conscience date des premiers âges de l’homme, nous situerons les formes d’Hypnose à partir de la création du terme « hypnose » (James Braid, 1841, publié pour la première fois en 1843) et des premières structures d’utilisation médicale et psychothérapeutique occidentalisées.

source IFHE (Institut Français d’Hypnose Humaniste et Ericksonienne) :

 http://hypnose-ericksonienne.com/fr/sinformer/lhypnose/

Histoire de l’Hypnose

« Il n’y a pas à ce jour de substitut à l’hypnose » – Sigmund Freud, 1937

Vous ne trouverez pas ici un historique complet de l’Hypnose sous ses différentes formes depuis son apparition dans l’Histoire humaine. Primo, ce serait quasi impossible : l’Hypnose, sous une forme ou une autre, est là depuis toujours… Secundo, les théories ne servent pas la pratique. Une vingtaine de dates vous fourniront donc un repère utile et suffisant.

Quelques dates…

Premières traces : il y a déjà plus de 6000 ans, en Mésopotamie, où les sumériens pratiquaient déjà l’accompagnement en paroles. Un manuscrit cunéiforme décrit des guérisons obtenues grâce aux Etats Modifiés de Conscience. Les 3 états de transe hypnotiques (re)découverts au 19ème siècles par Charcot y sont même déjà expliqués !

– Il y a 3000 ans, en Égypte sous Ramsès II, 20ème dynastie… Nous avons la description d’une séance « d’hypnose », sur une stèle découverte par Musès en 1972.

Puis à travers les siècles en Grèce : Socrate, et le « terpnos logos« . Il se décrit lui-même comme « accoucheur d’âmes« . Ou encore un de ses contemporains, Antiphon d’Athènes, dont le frontispice de sa maison annonce qu’il a le pouvoir de « guérir avec les mots« . En Europe, druides et prêtres, et jusqu’au fond de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Australie et sur la Banquise (sorciers, chamans…) partout on retrouve des coutumes de soins et des rituels qui incorporent certains éléments de notre hypnose thérapeutique moderne….

Au IIIème siècle, encore en Egypte, un manuscrit (traduit et publié par Emil Brugsch en 1893) relate l’existence de « temples du sommeil » où les gens sont mystérieusement soignés… Les prêtes de ces temples parlaient à l’oreille de leurs patients assoupis, leur offrant de « douces paroles guérissantes ».

1529, Paracelse, célèbre médecin et alchimiste suisse, livre les premières données scientifiques (pour son époque) sur le « magnétisme animal », tel que l’appellera Mesmer.

1750, le père Johann Joseph Gassner est considéré comme le précurseur de la thérapie avec son exorcimus probativus, assez proche de plusieurs pratiques thérapeutiques reconnues actuelles.

1766, le docteur Franz Anton Mesmer, disciple spirituel de Paracelse, inspiré par sa pratique et ses écrits devient le premier « psychothérapeute » des temps modernes avec le « Magnétisme Animal » (qui, entre nous, n’a plus grand-chose en commun avec la pratique de l’Hypnose moderne, éricksonienne). Malgré ses détracteurs de l’époque, il triomphe dans tous les royaumes civilisés… jusqu’en :

1784, Chastenet de Puységur, disciple de Mesmer, découvre par hasard la transe somnambulique en magnétisant un jeune berger (l’hypnose comme un « état » plutôt que résultat d’une action extérieure). Et l’Abbé de Faria, moine portugais célèbre pour son apparition dans le Comte de Monte-Cristo, de Dumas, donne ses démonstrations dans tout Paris et pose les premiers fondements de ce qui deviendra « l’École de Nancy » en insistant sur la prépondérance de la suggestion. C’est la naissance du « sommeil lucide », qui deviendra l’hypnose.

La même année, Louis XVI ordonne une enquête sur l’existence du magnétisme animal. Une commission siégera, où l’on retrouve Benjamin Franklin, Lavoisier, Jussieu… Son rapport final, établi sur l’étude des pratiques d’élèves de Mesmer (et non de Mesmer lui-même) sera négatif quant à l’existence du magnétisme animal, mais positif quant aux résultats produits. Ce qui ne fait guère avancer la recherche.

Le contexte puritain de l’époque, effrayé de la proximité thérapeute/patient, redoute d’éventuels travers « sexuel » des mesmériens… Le discrédit qui s’en suit signera la fin ponctuelle de l’âge d’or du mesmérisme

1824, quarante ans plus tard, Deleuze codifie la pratique du magnétisme et le propulse à nouveau au premier rang des thérapies de l’époque. Partout en Europe, dans les cours royales et impériales, on soigne par mesmérisme.

1829, Jules Cloquet réussie la première ablation d’un sein sous hypnose (pour un cancer, en fait il s’agissait d’une technique à base de magnétisme animal, le mot « hypnose » n’ayant pas encore été inventé).

1837, le rapport Husson réhabilite le « magnétisme » de Mesmer. Toutefois, il ne sera pas publié, par crainte du ridicule… Comment expliquer l’existence de quelque chose que l’on ne peut quantifier ?

1841, James Braid, chirurgien écossais, découvre les techniques du magnétisme animal lors d’une démonstration donnée par le célèbre magnétiseur français Lafontaine. Il posera les bases scientifiques de ce qu’il nommera : « Hypnose » (1843). L’hypnose étant officiellement née, il crée dans la foulée la notion de monoïdéisme : selon Braid la transe hypnotique survient lorsque le patient est concentré sur une seule et unique idée. La théorie du magnétisme, trop impalpable, tend à être remplacée par l’idée d’une relation patient/thérapeute. De nombreux professionnels de Santé se lancent dans l’aventure…

A la même période : John Elliotson, professeur de Chirurgie, introduit l’utilisation de l’hypnose en hôpital pour les anesthésies. Le docteur Parker (Mesmeric Hospital, Dublin) publie le compte rendu de 200 interventions sous hypnose, dont une amputation indolore ; et James Esdaille, chirurgien lui aussi écossais, exerçant à Calcutta, rapporte plus de 2000 interventions, dont 315 majeures réalisées sous « anesthésie mesmérienne »… C’est au tour de l’Hypnose d’avoir son âge d’or… jusqu’en 1846, avec l’invention du chloroforme, qui supplantera l’hypnose pour les anesthésies !… C’est la fin (pour un temps) de l’Hypnose clinique.

Pendant ce temps, aux États-Unis se créée la « Société du Magnétisme », à la Nouvelle Orléans, avec Morton Prince (personnalités multiples) et surtout Benjamin Rush, père de la psychiatrie américaine.

1866, Ambroise-Auguste Liébault, médecin de campagne et hypnothérapeute de longue date, convainc le professeur Hippolyte Bernheim de l’importance de l’Hypnose et en particulier de la suggestion verbale (aspect inédit à l’époque). C’est le début de l’École de Nancy.

1869, Karl Robert Eduard von Hartmann, un philosophe allemand, publie Philosophie de l’inconscient (Die Philosophie des Unbewussten), ce qui lui vaut une renommée mondiale. Déjà présupposé chez Leibniz (1705), le concept d’Inconscient est né.

1878, Jean-Martin Charcot, titulaire de la première chaire de neurologie, ayant découvert l’Hypnose lors d’un spectacle du fameux Donato (Baron d’Hont, Belgique), créée dans le monde fonde l’École de la Salpêtrière : l’Hypnose comme état pathologique rattaché à l’hystérie ! Et pour cause, dans le service où Charcot travaillait, il ne voyait que des personnes souffrant d’hystérie et ne faisait donc ses expérimentations que sur elles… De plus, Charcot n’a jamais fait lui-même une induction hypnotique : ses étudiants ou des hypnotiseurs de spectacle comme Donato s’en chargeaient, souvent avec des moyens assez barbares (inductions mécaniques, par flashs visuels, frayeur ou injection chimique)… De là à arriver à des conclusions erronées, il n’y a qu’un pas… Mais sa position, vieille de plus d’un siècle, subsiste dans les esprits de bon nombre de médecins actuels. Bref, à l’époque, c’est le début de la fameuse bataille d’écoles la Salpêtrière-Nancy : « état pathologique » décrit par une autorité médicale de l’époque, contre « état naturel » décrit par la très avancée école de Nancy… La-dite bataille ne s’est terminée qu’un siècle plus tard : la Science tranchera en faveur de Bernheim (zones cérébrales dédiées aux Etats Modifiés de Conscience, naturellement présentes chez chacun, découvertes par une équipe de chercheurs français)…

1885, Sigmund Freud, est passionné d’Hypnose. Il se convainc de la réalité du phénomène hypnotique lors d’un spectacle d’hypnose de Hansen (Danemark). Âgé de 29 ans, il a déjà traduit en allemand les livres de Bernheim et effectue un stage à la Salpêtrière pendant quatre mois, auprès de Charcot, où il rencontrera Pierre Janet, à la source de bien des idées à la base de la future Psychanalyse. Auteur avec le Dr Breuer d’un livre sur l’Hypnose, il fonde sa compréhension, révolutionnaire pour l’époque, des processus psychiques. Il achèvera sa formation en Hypnose à Nancy avec Bernheim en 1889, mais ne maîtrisera jamais vraiment la technique d’hypnose classique, qu’il abandonnera (à l’époque trop autoritaire, et ne correspondant plus à ses recherches). Toutefois, il enverra toute sa vie les patients ayant besoin d’une thérapie plus que d’une analyse à ses collègues hypnothérapeutes ! (cf. lettre de Freud datant de 1937)

1889, se tient à Paris (à l’Hôtel Dieu) le 1er Congrès International de l’Hypnotisme expérimental et thérapeutique, avec la participation des plus grands noms de l’époque : Liébault, Bernheim, Charcot, Janet (le père de la Psychologie clinique), Richet, Freud, Babinski, William James (père de la Psychologie américaine), etc.

1891, nous voilà en Russie : A.A. Tokarski, mondialement connu pour ses travaux sur la mémoire, inaugure le premier « Cours d’Hypnose et de Psychologie physiologique » à l’université de Moscou. un peu plus tard, Ivan Petrovitch Pavlov, à travers son étude du système nerveux supérieur, élabore la théorie neurophysiologique de l’Hypnose, considérée comme un tournant décisif. L’Hypnose serait-elle finalement un état physiologique ?…

En France, le professeur Bernheim vulgarise le terme de « Psychothérapie » afin de désigner l’utilisation de l’Hypnose pour les soins psychologiques. Le néologisme est utilisé pour la première fois en français dans ce sens en titre de son ouvrage « Hypnose, Suggestion et Psychothérapie », paru en 1891.

1900, en France, Émile Coué, simple pharmacien nancéen, après avoir appris les techniques de l’hypnose auprès de Liébault (importance de la suggestion), répand sa désormais célèbre « Méthode Coué » de par le monde : Paris, Bruxelles, Londres, puis les USA où il est accueilli sur la Cinquième Avenue avec les fastes d’un dirigeant d’État !

  • C’est aussi la naissance de l’Auto-hypnose, dont les notions sont posées par le neuroscientifique allemand Oskar Vogt, mentor de Johannes Heinrich Schultz (père du Training Autogène, fortement basé sur les méthodes d’auto-hypnose de Vogt). Le même Oskar Vogt publiera en 1902, avec Sigmund Freud : « Zeitschrift für Hypnotismus » (le « Journal de l’Hypnotisme »).

1919, l’hypnose est passée de « mode »… Pierre Janet poursuit seul en France ses travaux sur le phénomène hypnotique. Il découvre le phénomène de la régression hypnotique, qu’il utilise à visée cathartique. C’est Janet qui avait renforcé la notion d’Inconscient en thérapie (1886) et qui avait aussi découvert le principe de l’Association Libre, qu’il a fait découvrir au jeune Sigmund Freud, alors en formation d’hypnose avec Charcot à l’hôpital de la Salpêtrière.

A la même période, K.M. Bykov, élève de Pavlov, jette les bases de la médecine psychosomatique et démontre que toute une série d’affections comme l’ulcère à l’estomac, l’hypertension artérielle, l’asthme, etc… peuvent être déclenchée par des perturbations de l’activité nerveuse supérieure.

  • Aux Etats-Unis, le psychologue Clark L. Hull, professeur et mentor de Milton Erickson, mène de nombreuses expériences sur l’Hypnose, qu’il décrit comme une partie tout à fait normale de la psyché humaine. Pour Hull, la transe hypnotique est un élément naturel de la conscience, comme les rêves (à l’état éveillé ou endormi). Erickson se détacha de son maître à penser pour fonder une hypnose plus douce et plus moderne.

1957, toujours en Russie, K.I. Platonov analyse l’importance considérable des mots chez les sujets en état hypnotique comme en état de veille « normal ». Une expérience sidérante montre qu’il est possible d’accélérer la coagulation du sang et la cicatrisation d’une plaie ouverte, chez un sujet en transe hypnotique, au son d’un métronome. Ensuite, le seul son du métronome -hors hypnose- suffit à faire coaguler le sang. Et bientôt, on se rend compte que le mot « métronome » a le même effet ! Le cerveau humain est donc capable de se servir d’abstraction pour modifier son équilibre.

Avec Velvoski et Nikolaïev, Platonov met aussi au point la méthode d’accouchement dite « psychoprophylactique » (sans douleur). Et pendant ce temps, J.H. Schultz élabore en Allemagne son « Training autogène », inspiré des anciennes techniques d’hypnose d’Oskar Vogt (1900).

Aux États-Unis, les travaux de Milton Hyland Erickson, psychiatre américain né en 1901, bouleversent les conceptions de l’Hypnose et de la Thérapie brève. Bateson, Watzlawick, Weakland et Haley, membres de la fameuse École de Palo Alto, le considèrent comme le  » père de la Communication moderne « . L’Hypnose Ericksonienne est née (1937) et va grandir grâce aux élèves d’Erickson tels de Jay Haley, Jeffrey Zeig ou Ernest Lawrence Rossi. La pratique de Milton Erickson sera également aux origines de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) de Richard Bandler et John Grinder, dans le milieu des années 1970.

1971, Léon Chertok, psychiatre et psychanalyste français, qui s’est battu des années durant pour la reconnaissance de l’Hypnose thérapeutique, inaugure à Paris le Laboratoire d’Hypnose Expérimentale

1979, Daniel L. Araoz, célèbre sexologue et hypnothérapeute, baptise « Nouvelle Hypnose » l’utilisation moderne de l’Hypnose, appuyée sur le langage (clin d’oeil à Bernheim et sa « Nouvelle Ecole », à Nancy). Certaines techniques d’Erickson sont conservées, débarrassées de leurs aspects parfois manipulateurs ou brutaux. Les techniques d’Hypnothérapie deviennent de plus en plus sophistiquées.
– Au milieu des années 80, les docteurs Malarewicz et Godin, et surtout Alain Cayrol – qui fut le premier Enseignant français certifié en Hypnose Ericksonienne et en PNL avec l’appui de Jeffrey Zeig, Richard Bandler et John Grinder – importent l’Hypnose Ericksonienne en France. Elle restera confidentielle, jusqu’à l’essor de la Nouvelle Hypnose en France (1995), grâce à Olivier Lockert qui la développera et la fera connaître (approche douce, protocoles thérapeutiques comme en PNL, technique sophistiquée de langage, etc.).

2001, Olivier Lockert, président de l’Institut Français d’Hypnose Ericksonienne présente dans le livre « Hypnose » l’utilisation des outils de l’Hypnose thérapeutique, sous toutes ses formes, y compris la « Nouvelle Hypnose » francophone, dans un esprit résolument humaniste. Les ouvrages qui suivront (Créateurs de Réalité, HypnoPoches, etc.) continueront de présenter l’Hypnose Humaniste, une façon totalement nouvelle de pratiquer l’hypnose, aux structures inversées par rapport aux formes précédentes d’Hypnose, qui permet de soigner les blessures inconscientes par davantage de Conscience. Le premier livre sur cette nouvelle pratique sortira en 2005, en France. Il est désormais traduit en 12 langues. Il sera enrichi en 2007 par la TSA (Thérapie Symbolique Avancée) de Patricia d’Angeli, ouvrant ainsi l’hypnothérapie aux problématiques autrefois réservées à la psychothérapie ou à la psychanalyse.

L’Hypnose Humaniste s’est répandue à travers le monde. Laissant le contrôle à la personne, elle utilise des procédures inversées pour aider la personne à atteindre un état hypnotique non pas par « moins de conscience », mais par « davantage de conscience ». On parle de Conscience majuscule, afin de « changer en conscience ». Basée sur une philosophie globale de vie et la compréhension des croyances qui génèrent notre perception de la vie, l’Hypnose Humaniste a aussi pour but d’aider la personne à retrouver l’Unité, tant au niveau personnel que humain.

source IFHE (Institut Français d’Hypnose Humaniste et Ericksonienne)

Olivier Lockert

L’Hypnose : une clé d’accès à soi-même !

« Mon travail porte sur les clés de compréhension théorique et pratique de la Vie. L’Hypnose est ainsi devenue pour moi un outil privilégié d’accès aux différentes strates de l’esprit humain. J’ai foi en la capacité de chaque être humain d’apprendre à se servir de ce qu’il est, au sens large. Ainsi, j’expose mes découvertes pratiques, vécues personnellement et longuement expérimentées en psychothérapie, coaching et développement personnel dans mes livres et à l’occasion des formations que j’anime.
Bien qu’expert en Hypnose Classique et Hypnose Ericksonienne, que j’utilise au quotidien, je pense que la philosophie et les techniques de l’Hypnose Humaniste, axées non plus sur l’Inconscient mais ce que l’on appelle la « Conscience majuscule », sont une innovation inestimable tant en thérapie que pour tout un chacun. La plupart des psychothérapeutes font de « l’allopathie verbale ». Ils ont oublié qu’au-delà des techniques et de la mécanique de l’esprit, la « psycho-thérapie » soigne l’âme, par l’âme… Je vous invite à retrouver Celui ou Celle Que Vous Êtes vraiment. »

Olivier Lockert